Les expressions françaises décortiquées
explications sur l'origine, signification, exemples, traductions

faire son miel de [v]

tirer un profit de ; profiter d'une situation pour gagner beaucoup d'argent

Origine et définition

Savez-vous que les abeilles sont de viles profiteuses ? Elles exploitent de pauvres fleurs dans défense, sans même leur demander leur autorisation, et en retirent le nectar et le pollen qu'elles ramènent ensuite dard-dard[1] à leur ruche.
Une fois de retour, pour fabriquer ce miel dont on se régale, la butineuse transfère le nectar à une autre abeille qui l'avale et le régurgite à plusieurs reprises dans le but d'en éliminer l'excès d'eau et de le rendre plus riche en protéines et plus épais, en s'aidant de l'invertine (ou invertase), une enzyme qu'elle sécrète et qui modifie les sucres présents dans le nectar.
Ensuite, les abeilles continuent à l'assécher en jouant les ventilateurs avec leurs ailes, avant de le déposer dans une cellule qui est scellée et dans laquelle la transformation continuera jusqu'à donner ce fameux miel.
En résumé, donc, si on oublie qu'ensuite, c'est l'homme qui joue lâchement les profiteurs en récupérant ce miel qu'elles ont mis du temps à fabriquer et qui est normalement destiné à leur servir de réserve de nourriture, on peut dire que les abeilles profitent des fleurs pour en faire leur miel.
En faut-il vraiment plus pour expliquer notre métaphore où les fleurs sont remplacées par toutes choses dont on sait extraire un 'miel' ou quelque chose de convoité ou de profitable ?
Ici, il ne faut pas voir le 'profit' sous l'aspect uniquement pécuniaire qu'on associe souvent au mot, car il peut tout aussi bien être physique ou intellectuel.
Si la date d'apparition de l'expression ne semble pas précise, on trouve des écrits du XVIe siècle qui comparent déjà le comportement de ceux qui savent tirer profit de certaines choses à celui des abeilles et de leur miel.
[1] Les puristes diront qu'on parle plutôt d'aiguillon, mais "ramener aiguillon-aiguillon à la ruche", ça le fait moins.

Exemples

« Il ressemble à l'abeille, laquelle tire son profit de toutes fleurs pour en faire son miel »
Amadis Jamyn - XVIe siècle
« Lire, en effet, bien lire est avant tout comprendre; puis c'est juger, et s'approprier les pensées d'un auteur; c'est en faire son miel, à la manière de l'abeille, et les déposer, pour les y garder, dans le plus pur de son âme. »
Édouard Charton - Le magasin pittoresque vol. 30 - 1862
« De tout, le chroniqueur sait ainsi faire son miel, ou son fiel, et il n'hésite pas, pour produire ses effets, à faire l'impasse sur le traditionnel résumé de la pièce. »
Mariane Bury,Hélène Laplace-Claverie - Le miel et le fiel : la critique théâtrale en France au XIXe siècle - 2008

Comment dit-on ailleurs ?

Langue Expression équivalente Traduction littérale
Anglais (UK) To take advantage of Profiter de / Tirer parti de
Espagnol (Espagne) Aprovecharse de Profiter de / Tirer parti de
Espagnol (Espagne) hacer el / su agosto faire son mois d'août
Espagnol (Espagne) sacar partido de algo tirer parti de quelque chose
Hébreu ניצל לטובת עצמו (nitsal letovatt atsmo) ont été sauvés pour son propre bien
Italien tirare l'acqua al suo mulino tirer l'eau vers son moulin
Néerlandais een klaploper (of) uitbuiter zijn tirer négativement profit de la bonté des autres
Néerlandais een profiteur (of) parasiet zijn être un parasite ou tocard
Néerlandais een uitzuiger zijn être un sangsue / profiteur
Néerlandais (Belgique) garen spinnen van faire son fil grâce à
Néerlandais er een slaatje uitslaan battre au point qu'une petite salade en sorte
Néerlandais garen spinnen bij iets filer du brin de quelque chose
Portugais (Brésil) tirar partido de tirer parti de
Roumain a trage caimacul de pe... tirer la crème de...
Roumain a-şi trage spuza pe turtă tirer les braises sur sa galette
Roumain a-şi unge buzele se graisser les lèvres
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Commentaires sur l'expression « faire son miel de » Commentaires

  • Elpepe
    26/03/2010 à 22:33
    • En réponse à deLassus #118 le 26/03/2010 à 22:00* :
    • « Un petit tuyau :
      Quand tu t’aperçois, une fois ton message envoyé, qu’il contient une faute de frappe, ou si tu as un remords, tu peux à tou... »
    personne d’autre n’y a accès, pas même God

    Si God n’y avait pas accès, il ne serait pas God. Or, il l’est, et il y a accès. Il a conçu ce site de aaaah jusqu’à zut !, ne l’oublie pas...
  • Elpepe
    26/03/2010 à 22:39
    • En réponse à mickeylange #119 le 26/03/2010 à 22:00 :
    • « Pour un marin, à la godille
      Mais non t’es pas un marin à la godille. Enfin si un peu des fois quand même. Mais pas plus que d’autres. Mais... »
    Evidemment, tu es tombé dans le panneau ! Et pourtant, elle était grosse, la ficelle... Le jeu de mots vise juste à te faire acquérir un peu de vocabulaire du parler marin : quand un marin est en train de godiller, on ne dit pas qu’il navigue, se déplace ou brasse de l’eau en-dessous et de l’air au-dessus, comme tu sais si bien faire, mais qu’il nage. Mêêêê oui !
  • mickeylange
    26/03/2010 à 23:25
    • En réponse à Elpepe #122 le 26/03/2010 à 22:39 :
    • « Evidemment, tu es tombé dans le panneau ! Et pourtant, elle était grosse, la ficelle... Le jeu de mots vise juste à te faire acquérir un peu... »
    GODILLE, subst. fém.
    A. Aviron placé dans une encoche à l’arrière d’une embarcation et servant à la faire avancer et à la diriger. Un jour, en bateau, voulant manier la godille à grand renflement de biceps, il tombait dans la Loire (A. DAUDET, Immortel, 1888, p. 229). L’homme debout fait face à l’arrière et agit sur la poignée de l’aviron ou godille, de façon à faire accomplir à la pelle immergée, une série de 8 couchés (GALOPIN, Lang. mar., 1925, p. 95).
    GODILLER, verbe intrans.
    A. Manœuvrer une embarcation avec la godille. C’est sur elle [la Méditerranée], mer l’hiver et fleuve l’été, que l’homme a appris à barboter, à pagayer et à godiller (MORAND, Route Indes, 1936, p. 348). Un homme qui godille debout à l’arrière d’un canot (CENDRARS, Bourlinguer, 1948, p. 167).
    Bisque bisque rage...
  • deLassus
    26/03/2010 à 23:46
    • En réponse à Elpepe #121 le 26/03/2010 à 22:33 :
    • « personne d’autre n’y a accès, pas même God
      Si God n’y avait pas accès, il ne serait pas God. Or, il l’est, et il y a accès. Il a conçu ce s... »
    Ok, j’ai rectifié.
  • Jonayla
    27/03/2010 à 01:42
    • En réponse à Purdey #106 le 26/03/2010 à 19:48 :
    • « Anoter que je n’ai jamais vu un seul film d’horreur de toute ma vie. Je compte bientôt faire caissière à Félix Potin ! »
    Aaah, c’est bientôt le festival du film fantastique ! cette page
  • Jonayla
    27/03/2010 à 01:47
    un qui parlait avec poésie des abeilles, c’est l’ami André Raimbourg cette page
  • tytoalba
    27/03/2010 à 07:46
    • En réponse à Jonayla #126 le 27/03/2010 à 01:47 :
    • « un qui parlait avec poésie des abeilles, c’est l’ami André Raimbourg cette page »
    J’ai aussi le souvenir de Joe et les abeilles (début des années 1960) bien avant que l’on crée Maya. Voir à cette page et cette page.
  • Elpepe
    27/03/2010 à 09:48
    • En réponse à mickeylange #123 le 26/03/2010 à 23:25 :
    • « GODILLE, subst. fém.
      A. Aviron placé dans une encoche à l’arrière d’une embarcation et servant à la faire avancer et à la diriger. Un jour,... »
    Quand tu godilles, c’est pour nager ! Avec ta godille calée sur sa dame de nage. Mais tu n’es pas tenu d’acquérir du vocabulaire, mon tout-petit. Tu as le temps, encore... et toc !
  • <inconnu>
    10/03/2013 à 04:56
    • En réponse à DiwanC #3 le 26/03/2010 à 05:03* :
    • « Extrait des mémoires de Thérèse Levasseur, parus en 1753 :
      Rousseau - trop occupé à surveiller l’éducation des enfants - n’entendit pas le t... »
    Y’a pas comme une p’tite erreur sur les dates là? Le parlophone n’a été commercialisé en France qu’à partir de 1879.
    Et, oui, j’ai fait mon miel de Wikipédia.
  • DiwanC
    10/03/2013 à 05:14
    • En réponse à <inconnu> #129 le 10/03/2013 à 04:56 :
    • « Y’a pas comme une p’tite erreur sur les dates là? Le parlophone n’a été commercialisé en France qu’à partir de 1879.
      Et, oui, j’ai fait mo... »
    Parce que tu ne connais pas les écrits de Thérèse Levasseur, réédités il y a peu par P. Glanelles, aux éditions Kelyos !
    😛
  • DiwanC
    10/03/2013 à 05:16*
    Le beau Georges (l’autre !)... Sûr, on en fait notre miel tous les jours…
    Avec L’Auvergnat :
    Ce n’était rien qu’un peu de miel
    Mais il m’avait chauffé le corps
    Et dans mon âme il brûle encor
    À la manière d’un grand soleil

    Ou chez Grand-Père :
    Contre un pot de miel on acquit
    Les quatre planches d’un mort qui
    Rêvait d’offrir quelques douceurs
    À une âme sœur

    Et même chez Le Cocu :
    On fait force de trous dans ma lune de miel
    .
    Lune de miel encore pour des Retouches à un roman d’amour de quatre sous :
    Ne laissons pas, quelle pitié !
    Notre lune de miel quartier
    De la zone. Je préconise
    Qu’on l’ait vécue en Italie
    Sous le beau ciel de Napoli

    Lune de miel toujours chez la patiente Pénélope (♫♪♪♫♪ un petit réveil dominical tout en douceur) :
    C’est la faute commune et le péché véniel
    C’est la face cachée de la lune de miel
    Et la rançon de Pénélope

    Bon... Y revient quand Boubacar ? 😕
  • <inconnu>
    10/03/2013 à 06:25*
    • En réponse à DiwanC #130 le 10/03/2013 à 05:14 :
    • « Parce que tu ne connais pas les écrits de Thérèse Levasseur, réédités il y a peu par P. Glanelles, aux éditions Kelyos !
      😛 »
    Attention au blasphème,God à verlan est dog....😏
  • <inconnu>
    10/03/2013 à 07:19
    Pffffff ! Tout ce boulot pour arriver a obtenir un petit pot que l’homme va engloutir en un rien de temps ! Profiteur va !
  • joseta
    10/03/2013 à 08:07
    To bee or not to bee
    Maya l’abeille
  • <inconnu>
    10/03/2013 à 08:13
    Rien de tel que du miel dégraissé pour garder une taille de guêpe.
  • <inconnu>
    10/03/2013 à 08:15
    On va tourner un film dans un monastère où celui qui s’occupe des abeilles, c’est le Père Ruche. Le rôle en sera interprété par Miel Gibson.
  • joseta
    10/03/2013 à 08:26
    Rediffusion

    - La destruction d’une ruche mit les abeilles à nu et puisqu’elles partirent en débandade, on put voir "l’essaim nu sans sens sûr".
    - Les abeilles détestent les oiseaux insectivores, elles préfèrent "l’haute ruche".
    - Le monument idéal pour accueillir des ruches est l’abbaye.
    - Les faux-bourdons dragueurs préfèrent les abeilles à taille de guêpe.
    - Deux jeunes filles détruirent une ruche pour voir comment c’était "l’essaim qui tombe".
    - Les abeilles qui quittent leur ruche, partent en "colonies".
    - Les abeilles vont toutes au même endroit; on voit souvent "l’essaim s’entêter".
    - Si on doit choisir entre un apiculteur "A" et un apiculteur "B", il faudra toujours se décider pour le "B", parce que l’"A" picole.
    - Recueillir le pollen (un "hectare" par essaim) est le "but inné" des abeilles.
  • <inconnu>
    10/03/2013 à 08:37
    Si les abeilles étaient des moustiques, elles rapporteraient du sang à la ruche et en feraient du boudin.
  • <inconnu>
    10/03/2013 à 08:42
    Les Blue Bees étaient une unité d’hélicos de l’armée belge réputée pour ses meetings. cette page
    117. Le 09/03/2013 à 10:43:53 par charmagnac - 0 réponse
    (réponse à 105. Mintaka du 09/03/2013 à 08:49:15)
    ♫♫♪♫ Assiette, gentille assiette,
    Assiette je te rectifierai ♫♫♪♫

    En fait, il s’agit d’Alouette II. 😄
  • LeboDan_Ubbleu
    10/03/2013 à 08:49*
    • En réponse à joseta #137 le 10/03/2013 à 08:26 :
    • « Rediffusion

      - La destruction d’une ruche mit les abeilles à nu et puisqu’elles partirent en débandade, on put voir "l’essaim nu sans sen... »
    Pour un coup d’essaim, c’est un coup de maître !