Les expressions françaises décortiquées
explications sur l'origine, signification, exemples, traductions

ce n'est pas la mer à boire [exp]

ce n'est pas si compliqué ; ce n'est pas la fin du monde ; c'est faisable

Origine et définition

Cette expression n'est plus employée que sous la forme négative 'ce n'est pas la mer à boire', souvent pour signifier à quelqu'un qui imagine avoir une montagne à soulever que finalement, ce qu'il a à faire est bien plus facile que ce qu'il croit.

C'est une métaphore qui date du XVIIe siècle et que notre habituel ami Jean de la Fontaine utilise dans 'Les deux chiens et l'âne mort'.

Quand on connaît la difficulté qu'il y a à avaler très rapidement une bouteille d'eau entière (ou de vin, d'huile de foie de morue, de kérosène ou de toute autre boisson de son choix), on imagine bien que la mer à boire, ne serait-ce que la mer d'Aral dans son triste état actuel, c'est une entreprise dépassant les limites du possible, même avec une très grande paille.
C'est une tâche qu'on ne peut réussir qu'au prix de difficultés souvent insurmontables (comme, par exemple, assister sans bailler à une conférence de 2 heures sur la culture de la betterave rouge dans les plaines du Tadjikistan).

Compléments

Comment ? Il n'y pas de plaines au Tadjikistan ? Et encore moins de cultures de betteraves ?
Ah bon ! Et au Kirghizstan ?

Exemples

Un an sans exercer, ce n'est pas la mer à boire !
Ce n'est pas la mer à boire, actuellement, on n'a que trois douaniers.
Apprenez un mot nouveau par jour Un mot nouveau par jour, ce n'est pas la mer à boire, mais cela vous permettra d'enrichir votre vocabulaire très rapidement.
Deux minutes, ce n'est pas la mer à boire.
Il est important de relire la motion, parce que ce n'est pas la mer à boire que demande le Bloc québécois en cette Chambre.

Comment dit-on ailleurs ?

Langue Expression équivalente Traduction littérale
Allemand ATTENTION: La 1ère expression en allemand n‘‚ est pas du tout correcte ! (une naissance difficile)
Allemand eine schwere Geburt un accouchement pénible
Allemand das ist doch nicht die Welt! ce n'est pas le monde !
Anglais (USA) it is not a big deal ce n'est pas une grosse affaire
Anglais (USA) It's not a federal case Ce n'est pas une affaire fédérale
Anglais (USA) It's not rocket science Ce n'est pas la science de fusées
Arabe mech ekher al dini Ce n'est pas la fin du monde
Espagnol (Espagne) no es nada del otro mundo ce n'est rien de l'autre monde
Espagnol (Espagne) No hay para tanto ! / No es para tanto ! Il n'y en a pas pour autant !
Espagnol (Espagne) un trabajo de chinos un travail de Chinois
Hongrois nem a világ ce n'est pas le monde
Hébreu זה דבר של מה בכך! (zè dibèr chèl ma bekhakh) c’est un truc !
Italien e impresa difficile c'est une entreprise difficile
Néerlandais 't is te doen c'est faisable (sans trop de problèmes)
Néerlandais onbegonnen werk travail à non commencer/qu'il vaut mieux non commencer
Portugais (Brésil) não é o fim do mundo ce n'est pas la fin du monde
Portugais (Brésil) não é um bicho de sete cabeças ce n'est pas une bête à sept têtes
Roumain nu se face gaură/bortă-n cer il ne se fera pas un trou dans le ciel
Suédois Det är inte hela världen Ce n'est pas le monde entier
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Voir aussi


Commentaires sur l'expression « ce n'est pas la mer à boire » Commentaires

  • #21
    PHILO_LOGIS
    14/03/2010 à 08:58*
    • En réponse à momolala #16 le 14/03/2010 à 08:32 :
    • « Tu me rassures, je croyais qu’il t’avait accompagné à une conférence soporifique hors de l’élastique union européenne ! J’ai honte, mais la... »
    à une conférence soporifique

    Dis donc, toi, sois gentille, pour une fois que je vais avoir un rôle actif dans une conférence (entre 450 et 500 participants).
    Je vais faire une présentation puis animer les débats sur "l’usine du futur" (comprenez les nouvelles technologies de prodution, les automatismes, le respect de l’environement et de l’humain, les productions propres et peu côuteuses, rapides et efficaces, les problèmes liès à la maintenance, etc.) et aussi sur les problèmes de la logistiques pour tout ce qui est transport intermodal (c’est-à-dire route-rail-air-eau) en esseyant de réduire tant que faire se peut le transport routier pour l’amener su le rail et sur l’eau, avec tout ce que cela implique, tout en sachant que le lobby des transporteurs est pratiquement tout-puissant... Beaucoup de travail encore en perspective... Déjà à notre niveau: achetons p.ex. les produits de saison régionaux et non les produits importés. Savez-vous p.ex que les pommes chips que vous mangez viennent de pommes de terre généralement cultivées aux Pays-Bas, épluchées et coupées en Italie, frites et traitées en France (eh oui!) et empaquetées je ne sais plus où... A votre avis, combien de km d’asphalte ont été parcourus par ces chips avant de finir dans votre bouche?
  • #22
    deLassus
    14/03/2010 à 08:59*
    Bonjour à toutes et à tous.
    Il se trouve que "C’est pas la mer à boire" est une chanson des Négresses vertes : cette page
    Oups ! Pas vu l'inconnu du # 6...
    Et si, comme moi, vous n’avez pas tout suivi en 4’31", cette chanson a même des paroles : cette page.
    Bof !
  • #23
    chirstian
    14/03/2010 à 09:37
    • En réponse à <inconnu> #12 le 14/03/2010 à 08:10* :
    • « Cette expression me semble avoir une signification similaire à celle-ci: «tue un âne à coup de figues molles»
      Quid du distingo ? En effet,... »
    Cette expression me semble avoir une signification similaire à celle-ci: «tue un âne à coup de figues molles»
    en fait l’expression n’est jamais utilisée que sous la forme négative : "ce n’est pas la mer à boire". Il faut donc la comparer avec l’expression "on peut tuer un âne à coup de figues molles".
    Il me semble que si je dis "ce n’est pas la mer à boire" : j’indique mon intention bien arrêtée d’accomplir une action, avec la conviction que, somme toute, elle n’est pas aussi difficile qu’il y parait. Un bookmaker prendrait les paris sinon de ma réussite du moins sur ma tentative, sans risque de se tromper.
    Si je dis "on peut tuer un âne à coup de figues molles" j’indique que, selon moi, cette action est possible, mais pour autant je n’exprime pas la même intention d’agir. Le bookmaker me jouerait à 50-50.
    A quoi tient cette légère nuance ? C’est que chaque gorgée fait baisser, même de façon infime, le niveau de la mer (en imaginant qu’elle cesse d’être alimentée) et nous rapproche donc infinitésimalement du but. Il y a un effet cumulatif exprimable sous forme d’une courbe régulière. Tandis que l’envoi d’une figue molle ne rapproche pas l’âne de sa mort : on n’exclue certes pas la possibilité qu’il finisse par en crever, mais sans cet effet cumulatif mathématique. La courbe est de nature aléatoire.
    Bon : c’est à cause de ce genre d’explication que les mouches m’évitent et m’ont fait ici une sale réputation ! 🙂
  • #24
    deLassus
    14/03/2010 à 09:43
    • En réponse à PHILO_LOGIS #21 le 14/03/2010 à 08:58* :
    • « à une conférence soporifique
      Dis donc, toi, sois gentille, pour une fois que je vais avoir un rôle actif dans une conférence (entre 450 et... »
    Et les chips Pringles, mes préférées, marque du géant Procter and Gamble (comme plusieurs lessives, comme les couches Pampers, voir chapitre Procter dans cette page, quels bizarres chemins empruntent-elles ?
  • #25
    chirstian
    14/03/2010 à 09:51
    l’origine marine de cette expression ? Voilà une trirème sans grand mérite !
  • #26
    pfloche
    14/03/2010 à 09:53
    alleï, en vitesse fieu:
    Roman fin XIXème:
    L’âme erre à Bouars*

    Pièce dramatique:
    La mère, à bout : arrrhhh !
    (fit-elle en s’écroulant)
    Roman policier années 1970, la grande folle vient de se faire seriner par un loufiat:
    La Merab** ? où ? ARH*** ?
    la pire, c’est un outil:
    Lame « R » à bout ar(rondi)****
    *pour les ignares : dans les Cévennes, près du Can de Ferrières.
    **Merab, prénom masculin, mais il s’agit ici d’un travelot (bien sur)
    *** Agence Régionale de l’Hospitalisation
    **** on dit que rondi en dit trop long
  • #27
    pfloche
    14/03/2010 à 10:02
    • En réponse à chirstian #23 le 14/03/2010 à 09:37 :
    • « Cette expression me semble avoir une signification similaire à celle-ci: «tue un âne à coup de figues molles»
      en fait l’expression n’est j... »
    😉 Retournons la conclusion de ton remue méninges :
    Malgré les gorgées successives, impossible de faire baisser, même de façon infime, le niveau de la mer (car elle ne cesse d’être alimentée) et ne nous rapproche donc jamais, même infinitésimalement du but. Il y a alors aucun effet. Tandis que l’envoi d’une flopée de figues molles rapproche l’âne de sa mort : l’amoncellement des figues, finit par l’étouffer, et cet effet cumulatif mathématique se traduit par une courbe régulière (la taille de l’animal en ordonnées et le nombre de figues en abscisses). CQFD.
  • #28
    <inconnu>
    14/03/2010 à 10:04*
    • En réponse à chirstian #23 le 14/03/2010 à 09:37 :
    • « Cette expression me semble avoir une signification similaire à celle-ci: «tue un âne à coup de figues molles»
      en fait l’expression n’est j... »
    Merci pour l’explication: je vais la lire plusieurs fois afin d’être sûr de tout bien comprendre. Ceci dit (Bel Abès), il m’a été donné de l’entendre au conditionnale: «(Alors) ce serait la mer à boire». Sans doute une interprétation personnelle de la personne l’ayant prononcée... qui avait estimé ce conditionnel pertinent.
    Quand à #29 cela me fait penser au paradoxe de Zénon. Dommage que j’ai, en grande partie (!) oulbié mes cours de géométrie et de trigonométrie où je n’étais pas trop mauvais... Il faudrait vraiment que je me décide à une petite (grande en fait...) révision.
  • #29
    chirstian
    14/03/2010 à 10:09
    le dictionnaire de l’académie (1694 et 1762) donne la définition suivante :
    "On dit prov. & fig. d’Un travail dont l’on apprehende la longueur, que C’est la mer à boire." Donc long.
    Dans l’édition de 1787, la définition devient :" On dit, proverbialement, c’est la mer à boire; c. à. d. la chôse impossible, ou qui emporterait un tems infini." :
    tellement long que c’est impossible.
    Celle de 1798 ne retient plus que la forme négative : "On dit proverbialement et figurément d’Un travail dont on surmontera aisément la longueur et les difficultés, que Ce n’est pas là la mer à boire. ": long et difficile.
    Quant à l’édition de 1932 : "Fig. et fam., C’est la mer à boire, se dit d’une Entreprise qui présente des difficultés extrêmes, des obstacles insurmontables. On dit dans le sens contraire, Ce n’est pas la mer à boire."
    Tiens ? En 1932, le siècle de la vitesse, où tous les records semblent destinés à être battus, le temps n’est plus l’obstacle majeur... 😐
  • #30
    <inconnu>
    14/03/2010 à 10:18*
    • En réponse à momolala #16 le 14/03/2010 à 08:32 :
    • « Tu me rassures, je croyais qu’il t’avait accompagné à une conférence soporifique hors de l’élastique union européenne ! J’ai honte, mais la... »
    Hier vous avez rendu un hommage à Jean Ferrat, je me joins à vous. Gageons que nous pourrons écouter ses chansons plus souvent sur les ondes maintenant qu’il n’est plus là.
  • #31
    LeboDan_Ubbleu
    14/03/2010 à 10:30
    Comment ? Il n’y pas de plaines au Tadjikistan ? Et encore moins de cultures de betteraves ?
    Ah bon ! Et au Kirghizstan ?

    Et pour prendre son pied, c’est au Boukistan ? Si ce n’est que ça, ce n’est pas la mer à boire ! :’-))
  • #32
    Elpepe
    14/03/2010 à 10:49
    • En réponse à Purdey #9 le 14/03/2010 à 08:04 :
    • « Coucou! à propos de mer à boire et de paille (straw, en anglais), avez-vous déjà essayé de boire un Irish Coffee avec une paille? Tout ceci... »
    avez-vous déjà essayé de boire un Irish Coffee avec une paille ?

    Ben vi, c’te couennerie ! Tu plonges la paille dans la chantilly, et tu aspires en enfonçant la paille dans la couche de café, puis dans celle du ouiski. Ainsi, tu as les trois goûts sur les papilles. Et que, comme ta paille est maintenant dans le fond, tu refais le voyage inverse, en aspirant un gorgeon de ouiski, puis de café, puis de crème. Ah, quel pied !
  • #33
    momolala
    14/03/2010 à 10:50
    • En réponse à chirstian #29 le 14/03/2010 à 10:09 :
    • « le dictionnaire de l’académie (1694 et 1762) donne la définition suivante :
      "On dit prov. & fig. d’Un travail dont l’on apprehende la longue... »
    Intéressant (comme d’habitude) exposé. Il est vrai que c’est dans mon esprit le volume d’eau (salée, en plus) représenté par une quelconque mer et a fortiori par un océan (celui de mon inculture, par exemple) qui prévaut. Je n’aurais pas pensé à la notion de temps. Monsieur Purgon, le roi du clystère, aurait eu sans doute un autre raisonnement.
  • #34
    Elpepe
    14/03/2010 à 10:59
    • En réponse à <inconnu> #12 le 14/03/2010 à 08:10* :
    • « Cette expression me semble avoir une signification similaire à celle-ci: «tue un âne à coup de figues molles»
      Quid du distingo ? En effet,... »
    pourtant le baromètre est à 1014, ce qui ordinairement indique un temps dégagé

    Perdu ! La pression barométrique moyenne (temps variable) est à 1013,25 hPa, donc ni anticyclone ni dépression. Les hautes pressions "chassent" effectivement les nuages, d’autant plus rapidement que la pression est plus haute. A 1014 hPa, il est donc normal que tu en voies dans ton ciel, car la pression n’est pas assez haute pour parler d’anticyclone.
  • #35
    chirstian
    14/03/2010 à 11:08
    (dans) bar amélioré
    bière amoral (e)
    libéra arôme,
    (et) broiera mâle.
    Amiral obéré
    élabora rime,
    (pour) abolir marée.
    Ana G. Rame. (l’amer à boire)
  • #36
    deLassus
    14/03/2010 à 11:09
    Trouvée grace à Google Livres, dans un ouvrage du 19ème sur la langue française, cette petite anecdote pour illustrer "la mer à boire" :
    cette page
    A propos de mer à boire, y-a-t-il une explication simple au fait que les fleuves qui alimentent les mers sont d’eau douce alors que le résultat est une eau salée, imbuvable ?
  • #37
    chirstian
    14/03/2010 à 11:12
    Régionales : dernière heure !
    Mr le Président a déclaré :" faire le grand chelem , pour l’UMP, ça ne devrait quand même pas être la mer à boire ! " 🙂
  • #38
    Elpepe
    14/03/2010 à 11:23
    • En réponse à chirstian #23 le 14/03/2010 à 09:37 :
    • « Cette expression me semble avoir une signification similaire à celle-ci: «tue un âne à coup de figues molles»
      en fait l’expression n’est j... »
    Une sale réputation ? Ah mais que nenni, Chirstian ! Que nenni ! Dans la communauté expressionautique, chacun a un rôle à jouer et doit s’y tenir, que sinon tout fout le camp, tu mords ? Bon, toi, tu as hérité de çui de l’enculeur de mouches, comme Mickey çui du barbouilleur de radiateurs plus souvent rendu au Bar de la Marine qu’au bleu marine de sa palette, ou moi çui de l’amiral-naufrageur de l’expression du jour et des voiliers réunis. Les douze mille admiratrices qui nous lisent en secret, dans la pénombre complice de leur alcôve, ont besoin de la constance des personnages de la pièce, que sinon, elles perdraient le fil de la farce, les pauvrettes. Et se détourneraient pour nous montrer leur dos, sans même mesurer les risques encourus. Non : nous sommes des acteurs, nous jouons une pièce de 12 à la scène 1324, l’expression vient évidemment de la Marine et tu encules les mouches évidemment. Que sinon, qui s’en chargerait ? Hmmm ?
  • #39
    Elpepe
    14/03/2010 à 11:30
    • En réponse à pfloche #27 le 14/03/2010 à 10:02 :
    • « 😉 Retournons la conclusion de ton remue méninges :
      Malgré les gorgées successives, impossible de faire baisser, même de façon infime, le ni... »
    le nombre de figues en abscisse

    Dans l’abscisse de Stasbourg aux figues, on met classiquement douze figues au mètre.
  • #40
    Elpepe
    14/03/2010 à 11:40
    • En réponse à chirstian #35 le 14/03/2010 à 11:08 :
    • « (dans) bar amélioré
      bière amoral (e)
      libéra arôme,
      (et) broiera mâle. »
    Amiral obéré, oui ! T’as pas cent balles ?