Les expressions françaises décortiquées
explications sur l'origine, signification, exemples, traductions

la substantifique moelle [n]

ce qu'il y a de meilleur ; ce qu'il y a de plus précieux ou de plus profond ; le sens caché ; ce qu'il y a d'essentiel dans une idée, dans un texte

Origine et définition

Ah, un bon pot-au-feu dans lequel la moelle de l'indispensable os de boeuf a rajouté à l'ensemble un petit goût savoureux ! Tiens, puisque c'est comme ça, je vais m'en faire un pas plus tard que ce weekend, et vous devriez suivre mon exemple !
On sait tous que la moelle est cette substance molle et (très) grasse qu'on trouve au coeur des os, bien cachée, invisible si on ne les brise pas.
Et si c'est dès la fin du XIIe siècle que le mot 'moelle' désigne aussi ce qu'il y a de profond, d'essentiel, en particulier dans une oeuvre de l'esprit, on sait moins souvent que cette expression a été rendue célèbre par Rabelais dans le prologue de Gargantua, en 1534, où il décrivait ainsi ce que doit être la lecture non passive : « C'est pourquoi (il) faut ouvrir le livre et soigneusement peser ce que y est déduit (…) puis, par curieuse leçon et méditation fréquente, rompre l'os et sucer la substantifique moelle. »
La substantifique moelle y est ici une métaphore qui désigne ce que le lecteur actif doit extraire ou comprendre dans le texte qu'il lit, ce qu'il peut découvrir entre les lignes, le sens parfois caché du texte.
Par extension, la substantifique moelle est la quintessence des choses, ce qu'elles ont de meilleur.

Exemples

« Les mauvaises langues diront que, comme d'habitude, il va falloir se coltiner un protocole interminable avant de tirer la substantifique moelle de la cérémonie du tirage au sort de la prochaine Coupe du Monde. »
Le Figaro - Article du 02/12/2009
« Outre le Web, sorte de grande boîte à idées, le ministre entame également toute une série de rencontres : avec les syndicats enseignants, dont la première réunion est prévue jeudi à Matignon sous l'égide du Premier ministre, avec des intellectuels comme Alain Finkielkraut ou Eric Orsenna, avec "les enseignants de terrain" par le biais de visites (qui commencent vendredi dans un lycée parisien pour parler des langues vivantes). Le but sera de tirer "la substantifique moelle", d'après les mots d'un conseiller, de ces discussions. »
Le Parisien - Article du 19/10/2004

Comment dit-on ailleurs ?

Langue Expression équivalente Traduction littérale
Allemand das Um und Auf le contour et le dessus
Allemand die Quintessenz la quintessence
Allemand das ist des Pudels Kern c'est la quintessence
Anglais (USA) the deeper meaning le sens plus profond
Espagnol (Espagne) el meollo le coeur/ la moelle
Espagnol (Espagne) la flor y nata la fleur et la crème
Espagnol (Espagne) la quintaesencia la quintessence
Espagnol (Espagne) lo más granado le plus grainé
Hongrois ez a dolgok veleje c'est la moelle des choses
Hébreu הכי שיש le plus qui soit
Italien il cuore le coeur
Italien la quintessenza la quintessence
Néerlandais dat is des poedels kern (Arthur Schopenhauer) c'est le coeur de la caniche / c'est le point crucial (essentiel)
Néerlandais de clou l'essentiel
Néerlandais de kern van de zaak le coeur de la chose
Néerlandais een addertje onder het gras une petite vipère sous l'herbe
Néerlandais het neusje van de zalm le petit nez du saumon
Polonais jądro sprawy le noyau du sujet
Polonais sedno sprawy le noyau d'une affaire
Roumain chintesența la quintessence
Roumain măduva lucrurilor la moelle des choses
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Voir aussi


Commentaires sur l'expression « la substantifique moelle » Commentaires

  • joseta
    29/04/2013 à 10:49
    DEVINETTE
    Quelle est la dernière chose qu’un dentiste en vacances sur une goelette trois-mâts, voudrait voir ?
    - les mâts choir.
  • <inconnu>
    29/04/2013 à 10:54
    • En réponse à <inconnu> #120 le 29/04/2013 à 10:47 :
    • « DEVINETTE :
      Pourquoi quand on crâne en levant le coude, on crie Ole ? »
    RÉPONSE :
    Parce que l’olécrâne est l’extrémité du cubitus qui sert de butée dans le coude.
  • joseta
    29/04/2013 à 11:04
    • En réponse à <inconnu> #122 le 29/04/2013 à 10:54 :
    • « RÉPONSE :
      Parce que l’olécrâne est l’extrémité du cubitus qui sert de butée dans le coude. »
    Ça ce n’est pas une devinette, c’est un cours d’ostéologie !
  • <inconnu>
    29/04/2013 à 11:09*
    • En réponse à joseta #123 le 29/04/2013 à 11:04 :
    • « Ça ce n’est pas une devinette, c’est un cours d’ostéologie ! »
    Et voici un cours de soudure :
    Les chalumeaux qui fonctionnent à l’oxygène et au propane sont des oxy-propane.
    Les prostituées qui ne manquent pas d’air sont les des oxy-putes.
  • <inconnu>
    29/04/2013 à 11:15
    • En réponse à joseta #121 le 29/04/2013 à 10:49 :
    • « DEVINETTE
      Quelle est la dernière chose qu’un dentiste en vacances sur une goelette trois-mâts, voudrait voir ?
      - les mâts choir. »
    Mais pour transformer un trois-mâts en goélette, il faut effectivement enlever un mât.
  • charmagnac
    29/04/2013 à 11:17
    • En réponse à Paracas #100 le 29/04/2013 à 07:05 :
    • « Ô tempora, Ô mores.......Aujourd’hui ce sont Elie Semoun, Dany Boon ou J.M Bigard qui tiennent le haut du pavé........
      On est tombés bien ba... »
    Mais c’est du marketing mon cher. On vise le quantitatif parce que ça fait de l’audience et donc de l’argent. Tandis que le qualitatif...
    Le lien ci-après est riche d’enseignements. Sur un langage d’au moins 60.000 mots disponibles, combien en utilise-t-on ? Et qui a évalué le vocabulaire courant des humoristes en vogue ?
    cette page
  • <inconnu>
    29/04/2013 à 11:24
    • En réponse à <inconnu> #125 le 29/04/2013 à 11:15 :
    • « Mais pour transformer un trois-mâts en goélette, il faut effectivement enlever un mât. »
    On dirait qu’il y a comme un os !
  • joseta
    29/04/2013 à 11:27*
    • En réponse à <inconnu> #125 le 29/04/2013 à 11:15 :
    • « Mais pour transformer un trois-mâts en goélette, il faut effectivement enlever un mât. »
    Ben, et celle-là ?
  • DiwanC
    29/04/2013 à 11:37*
    • En réponse à Paracas #101 le 29/04/2013 à 07:27 :
    • « On aurait pu évoquer "le sac d’os" de "la fille à cent sous" , non ?
      T’en penses quoi ?
      Pour les ceuss qui connaissent pas et que çà peut év... »
    Tu as raison ! Suis allée chercher bien loin ce sac d’os qu’il avait sous la main !
    Du coup, m’est revenue en mémoire la belle, nue sous son suaire, avec laquelle Archibald fit la noce ! Et pourtant au départ, il était plutôt réticent :
    Oncle Archibald, d’un ton gouailleur
    Lui dit : " Va-t’en fair’ pendre ailleurs
    Ton squelette
    Fi ! des femelles décharnées !
    Vive les belles un tantinet
    Rondelettes ! "

    {http://www.parolesmania.com/paroles_georges_brassens_9624/paroles_oncle_archibald_334351.html
    Tout sur Georges Brassens: http://www.musictory.fr/musique/Georges+Brassens|C’est là !}
  • <inconnu>
    29/04/2013 à 11:38
    • En réponse à joseta #128 le 29/04/2013 à 11:27* :
    • « Ben, et celle-là ? »
    C’est peut-être une goélette, mais c’est une mutante !
  • <inconnu>
    29/04/2013 à 11:44
    • En réponse à charmagnac #126 le 29/04/2013 à 11:17 :
    • « Mais c’est du marketing mon cher. On vise le quantitatif parce que ça fait de l’audience et donc de l’argent. Tandis que le qualitatif...
      L... »
    Raymond Devos, Fernand Raynaud n’employaient pas de mots rares ; leur génie se situait ailleurs.
  • DiwanC
    29/04/2013 à 12:01*
    • En réponse à charmagnac #126 le 29/04/2013 à 11:17 :
    • « Mais c’est du marketing mon cher. On vise le quantitatif parce que ça fait de l’audience et donc de l’argent. Tandis que le qualitatif...
      L... »
    Très intéressant ton lien. Je m’y suis promenée et puis, bien sûr, j’ai fait le test. [je m’en sors pas mal !]
    Sur cette « encyclopédie », une faute m’a fait sursauter : "quelque" avec un s pour quelques 3000 mots pour l’individu moyen…. quelques 30 000 mots pour un public cultivé. La règle a-t-elle changé avec la réforme de 1990 ? À cette page, il semble que non [dérouler jusqu’à Tout sur l’écriture de quelque].
    Pour une fois qu’on peut faire - ici - une remarque sur les fautes d’orthographe sans vexer personne… 😛
  • DiwanC
    29/04/2013 à 13:32*
    Allez ! Un p’tit plongeon dans le DHLF, ça ne peut pas faire de mal !
    Moelle : on le trouve parfois écrit moêle ou mëule. Le mot - sous la forme de moule (av. le XIIe s.) - commence à être employé au sens figuré, plus particulièrement en parlant de la mie de pain. C’est à la fin du XIIe qu’apparaît le sens abstrait… qui trouve son heure de gloire en 1534 avec Rabelais et son Gargantua.
    Mais là, Sa Divinité a tout dit !
    À cette heure-ci, ça vous dit un autre p’tit plongeon ? Chez Marcel, par exemple… dans un lagon bleu ou aut’ chose… Les anniversaires se font rares en ce moment ; vivement le mois de mai !
  • Claudine
    29/04/2013 à 13:35*
    • En réponse à DiwanC #132 le 29/04/2013 à 12:01* :
    • « Très intéressant ton lien. Je m’y suis promenée et puis, bien sûr, j’ai fait le test. [je m’en sors pas mal !]
      Sur cette « encyclopédie », u... »
    Bon ! Moi je vais te vexer. 🤡 - Il me semble que quelque peut prendre un "S" lorsqu’il a le sens de plusieurs.
    Histoire de faire revenir Syanne qui ne nous vexe jamais mais explique si bien. 😄
  • charmagnac
    29/04/2013 à 14:26
    • En réponse à Paracas #101 le 29/04/2013 à 07:27 :
    • « On aurait pu évoquer "le sac d’os" de "la fille à cent sous" , non ?
      T’en penses quoi ?
      Pour les ceuss qui connaissent pas et que çà peut év... »
    Ah voilà une chanson comme j’aime.😉
  • charmagnac
    29/04/2013 à 14:27
    • En réponse à mitzi50 #104 le 29/04/2013 à 08:24 :
    • « On n’ a pas forcément un Raymond Devos par génération, hélas... Mais je voudrais bien savoir pourquoi, soudainement, se sont affichées des i... »
    N’est-ce pas God qui a écrit récemment qu’on reçoit les pubs en rapport avec les sites qu’on visite habituellement ? 😄
  • charmagnac
    29/04/2013 à 14:34
    • En réponse à <inconnu> #131 le 29/04/2013 à 11:44 :
    • « Raymond Devos, Fernand Raynaud n’employaient pas de mots rares ; leur génie se situait ailleurs. »
    Bien sûr. il n’est pas besoin d’employer des mots rares pour s’exprimer. Quand on connaît sa langue et qu’on emploie les mots justes, on a un vocabulaire riche et on se fait bien comprendre. Quand en plus on a de l’humour comme Raymond Devos ou Pierre Desproges, c’est un régal.
    Et fi des pédants qui émaillent leurs propos de termes inusités uniquement pour épater la galerie ! 😛
  • charmagnac
    29/04/2013 à 14:42
    • En réponse à Claudine #134 le 29/04/2013 à 13:35* :
    • « Bon ! Moi je vais te vexer. 🤡 - Il me semble que quelque peut prendre un "S" lorsqu’il a le sens de plusieurs.
      Histoire de faire revenir Sya... »
    Puis-je donner un avis ?
    Quelque est invariable (adverbe) quand il a le sens de "environ, à peu près" et précède un nombre : il se trouve à quelque trente kilomètres.
    Il prend un "s" au pluriel quand il est adjectif et désigne une petite quantité : il y avait quelques poules dans la basse-cour.
    🙂
  • DiwanC
    29/04/2013 à 14:45*
    • En réponse à Claudine #134 le 29/04/2013 à 13:35* :
    • « Bon ! Moi je vais te vexer. 🤡 - Il me semble que quelque peut prendre un "S" lorsqu’il a le sens de plusieurs.
      Histoire de faire revenir Sya... »
    Claudiiiiine !
    "Il me semble que quelque peut prendre un "S" lorsqu’il a le sens de plusieurs". Voui ! sauf lorsqu’il est placé devant un nom de nombre. Il est alors adverbe et signifie "environ" indique Maurice Grevisse *. Mais ça, je ne le dis qu’à toi.
    Syanne ! On a besoin de toi !
    *Qu’est-ce que j’ai "reçu" ici le jour où j’ai malencontreusement écrit Grévise - parce que je le prononçais ainsi depuis si longtemps, faisant erreur je le reconnais - au lieu de Grevisse. Remarque, ça tanne la peau ! Depuis, avec une cruelle ironie et un silence charitable, je relève les fautes de ceux qui me faisaient remarque. Ça m’amuse follement !
    😏
    Charmagnac a été plus rapide... et sans méchante humeur lui !
  • <inconnu>
    29/04/2013 à 14:52
    • En réponse à charmagnac #137 le 29/04/2013 à 14:34 :
    • « Bien sûr. il n’est pas besoin d’employer des mots rares pour s’exprimer. Quand on connaît sa langue et qu’on emploie les mots justes, on a u... »
    Une bonne façon de moucher un pédant qui se plante, c’est de jouer son propre jeu et de le traiter de cuistre...