Les expressions françaises décortiquées
explications sur l'origine, signification, exemples, traductions

noyer le poisson [v]

créer la confusion ; embrouiller les choses pour éluder une question ; donner le change ; noyer sous un flot de paroles de manière à l'étourdir ; brouiller les pistes

Origine et définition

Le sens du verbe 'noyer' est très clair : il permet de provoquer l'asphyxie d'un être vivant en le plongeant dans un liquide.
Et pourtant, si vous essayez de noyer un poisson en lui enfonçant la tête dans l'eau, vous vous fatiguerez certainement avant lui.
Cette expression est donc plutôt bizarre.
Peut-être faut-il y voir un rapprochement avec l'expression "la sauce fait passer le poisson" où le goût du poisson pas frais est 'noyé' par celui de la sauce.
Si l'expression, avec son sens actuel, date des années 1930, dès la fin du XIXe siècle, les pêcheurs l'utilisaient pour décrire la manoeuvre qui consiste, une fois le poisson ferré, à le faire alternativement sortir et rentrer dans l'eau de manière à l'épuiser pour qu'il finisse par ne plus opposer de résistance.
On trouve cette locution chez Alphonse Daudet dans "l'immortel".

Exemples

« Il est naturellement incertain, et son art est de faire passer son incertitude pour politique. Il noie le poisson par hésitation et inconsistance. »
Henry de Montherlant - La reine morte

Comment dit-on ailleurs ?

Langue Expression équivalente Traduction littérale
Allemand um den heißen Brei herumreden parler autour de la bouillie chaude
Allemand verwässern eauter
Allemand zuquatschen déconner
Anglais (Australie) to blind with science rendre aveugle avec la science
Anglais cloud the issue obscurcir le problème
Anglais evade the issue éluder la question
Anglais to beat around the bush battre autour du buisson
Anglais to cloud the issue brouiller le sujet
Anglais to draw a red herring across the trail traîner un hareng rouge sur la piste
Espagnol (Espagne) andarse por las ramas partir par les branches
Espagnol (Espagne) escurrir el bulto egoutter la bosse
Espagnol (Espagne) marear la perdiz assommer la perdrix
Espagnol (Espagne) tirar-hi terra al damunt jeter de la terre par dessus
Espéranto konfuzi temon brouiller le sujet
Gallois codi sgwarnogod faire courir des lièvres
Gaélique écossais breislich le cus bruidhne embrouiller avec trop de paroles
Hébreu טשטש את העיקר (tichtèch ètt haikar) pour brouiller l’essentiel
Hébreu מרח את (marakh ètt) il suffit de ranger
Italien infangare le acque embrouiller les choses
Italien stancare il pesce fatiguer le poisson
Néerlandais (Belgique) de vis verdrinken noyer le poisson
Néerlandais een rookgordijn optrekken créer un écran de fumée
Néerlandais iemand suf lullen brouiller quelqu'un avec un flot de paroles jusqu'à son étourdissement
Néerlandais in de doofpot stoppen mettre dans l'étouffoir
Néerlandais proberen de zaak te laten doodbloeden essayer de faire perdre tout le sang de l'affaire
Portugais (Brésil) fazer uma cortina de fumaça faire un rideau de fumée
Roumain a crea perdele de fum créer des draps de fumée
Roumain a tulbura apele troubler les eaux
Wallon (Belgique) taper fou raisne jeter hors raison
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Voir aussi

Variantes

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Commentaires sur l'expression « noyer le poisson » Commentaires

  • mickeylange
    15/05/2015 à 13:36
    400 YESS !!!!
  • mickeylange
    15/05/2015 à 13:38
    merde raté...
    Joseta gnarf gnarf
  • joseta
    15/05/2015 à 13:48
    • En réponse à mickeylange #402 le 15/05/2015 à 13:38 :
    • « merde raté...
      Joseta gnarf gnarf »
    😛
  • gonalzako
    15/05/2015 à 14:23
    • En réponse à Utilisateur supprimé #396 le 15/05/2015 à 12:31 :
    • « the thrill is gone »
    Je l'ai (ré) écouté ce matin, en apprenant le départ de BB roi.
    snif
  • joseta
    15/05/2015 à 14:40
    Au resto., à l'heure de payer le poisson, les rats s'cassent...
  • mickeylange
    15/05/2015 à 16:30
    • En réponse à joseta #403 le 15/05/2015 à 13:48 :
    • « 😛 »
    😡
  • Utilisateur supprimé
    15/05/2015 à 16:31*
    une vidéo de B.B.King à Montreux pour ceux qui voudraient écouter et regarder un petit chef-d'oeuvre...
  • Clitocybe
    28/08/2019 à 01:04*
    • En réponse à Utilisateur supprimé #407 le 15/05/2015 à 16:31* :
    • « une vidéo de B.B.King à Montreux pour ceux qui voudraient écouter et regarder un petit chef-d'oeuvre... »
    Eh ben, c’est le Burj Khalifa cette chronique, je me suis tapé les 400 étages, jusqu’à la queue de poisson d’Isengrin en passant par les fantaisies typographiques de SagesseFolie. À pied!
    Pour 395 et 404, en effet, The thrill is gone. J’ai eu l’occasion d’écouter B. B. king au Rising Sun Celebrity Jazz Club de Montréal, avec Big Mamma Thornton et sa bouteille de vodka. Ball and chain!
    So you gotta when you want to hold someone
    You gotta hold them like it's the last minutes of your life
    You gotta hold, hold, hold and I say, oh, whoa, whoa, now babe, tell me why
    Hold, baby, 'cause some come on your shoulder, baby
    It's gonna feel too heavy, it's gonna weigh on you why does every thing, every thing
    It's gonna feel just like a ball
    Oh, daddy and a chain

    ******
    Il y a quelque chose de lancinant dans le blues, est-ce le rythme, sont-ce les voix nasales et syncopées, la répétition des vers ou d’une strophe. Il y a quelque chose de primitif et de libératoire dans le blues, même s’il chante souvent le chagrin et la colère de la soumission, noyant le poisson entre les espoirs d’aujourd’hui et les regrets d’hier. Qui aurait voulu que ses grands-parents soient des enfants d’esclaves? Qui aurait voulu vivre dans la case de L’Oncle Tom, qui aurait voulu que le Lièvre du Sénégal devienne Bugs Bunny?
  • Utilisateur supprimé
    28/08/2019 à 06:10
    Oui, pour chanter les blues il faut une peau noire et une voix d’homme du moins pour moi. Il faut avoir connu la souffrance, la chaleur d’un été au Deep South (Sud Profond), en Géorgie ou au Mississippi, faut avoir connu l’amour, la perte, la trahison, le travail...la vie, quoi...et si vous avez récolté du coton comme enfant tant mieux. 😉
    Mais ayant vécu pas mal de malheurs, l’essentiel c’est de pouvoir en chanter, preuve d’une persévérance profonde mais attristante.
    Difficile de décrire un art qui sait transmettre de l’émotion.
  • Utilisateur supprimé
    28/08/2019 à 06:29
    En ce moment je fais un élevage de têtards et il faut faire attention pour ne pas noyer les petits parce que dès que leurs poumons se développent ils ont besoin de respirer l’air mais avec les grandes pluies ces derniers jours le niveau d’eau dans les bassins peut monter en quelques minutes, les pierres et les roches sont couvertes d’eau, donc il n’y a plus d’endroits où les têtards puissent respirer.
  • Utilisateur supprimé
    28/08/2019 à 07:50
    • En réponse à Utilisateur supprimé #409 le 28/08/2019 à 06:10 :
    • « Oui, pour chanter les blues il faut une peau noire et une voix d’homme du moins pour moi. Il faut avoir connu la souffrance, la chaleur d’u... »
    Tu as raison, quand je mets des chaînes à mes pneus, ils ne se mettent pas à chanter le blues.
  • Utilisateur supprimé
    28/08/2019 à 07:54
    • En réponse à Utilisateur supprimé #410 le 28/08/2019 à 06:29 :
    • « En ce moment je fais un élevage de têtards et il faut faire attention pour ne pas noyer les petits parce que dès que leurs poumons se dévelo... »
    Les grenouilles de bénitier ne sautent pas. Elles ne se font pas non plus sauter, pourtant elles vont à "là qu'on fesse" en s'ag(r)enouillant devant la croâ.
  • Utilisateur supprimé
    28/08/2019 à 08:02
    God nous dit : Cette expression est donc plutôt bizarre.
    Je ne partage pas cet avis, elle est très parlante, revêtant une connotation d'échec à l'instar de vouloir noyer un poisson. Il vaudrait mieux la définir comme une tentative de créer la confusion, d'embrouiller les choses.
  • atheofv
    28/08/2019 à 08:13
    Un peu comme enterrer une taupe ?
  • atheofv
    28/08/2019 à 08:15
    "pourtant elles vont à "là qu'on fesse" en s'ag(r)enouillant devant la croâ."
    Elles convergent à confesse dés qu'on les convie.
  • Utilisateur supprimé
    28/08/2019 à 08:40
    • En réponse à atheofv #414 le 28/08/2019 à 08:13 :
    • « Un peu comme enterrer une taupe ? »
    Bien vu, tout comme ton #415. Il me semble que les réparties se font rares sur le site.
  • Clitocybe
    28/08/2019 à 08:57
    • En réponse à Utilisateur supprimé #410 le 28/08/2019 à 06:29 :
    • « En ce moment je fais un élevage de têtards et il faut faire attention pour ne pas noyer les petits parce que dès que leurs poumons se dévelo... »
    Parlant de têtards, nous capturions dans les iles de Boucherville le fameux poisson-castor (almia calva), ainsi nommé pour sa queue et sa nageoire dorsale qui recouvrait la moitié de son corps. Ce dipneuste était absolument increvable, pas moyen de noyer le poisson. Quelle étrange sensation de ramener ce poisson préhistorique, un puissant tracteur nocturne, du fond des âges, qui avait vécu avec les dinosaures du crétacé.
    Je m’interroge sur ton élevage de têtards. Est-ce pour protéger une espèce menacée, beaucoup d’amphibiens sont en danger d’extinction, ou pour la consommation, disons cuisse de grenouille à la française? J’ai la chance d’avoir encore des chants de grenouille au printemps et même en été, les gros ouaouarons à la cuisse délicieuse, mais ces animaux sont tellement fragiles, ils ne supportent aucune intervention humaine dans leur environnement. Alors, aussitôt qu’on assèche un marais, qu’on gazonne une berge, bonjour les grenouilles!
  • chirstian
    28/08/2019 à 09:06
    et le sort des malheureuses sardines, qu'on enferme dans une boite en fer blanc pour les noyer dans l'huile ? Je suis le seul à y penser ?
    Envoyez-moi vos dons -de préférence en liquide, à sardines-sans-frontières.com. Merci.
  • Clitocybe
    28/08/2019 à 09:29*
    • En réponse à chirstian #418 le 28/08/2019 à 09:06 :
    • « et le sort des malheureuses sardines, qu'on enferme dans une boite en fer blanc pour les noyer dans l'huile ? Je suis le seul à y penser ?... »
    Cher Chirstian,
    Comme tu le sais, le cynisme est une forme de désespoir. Je regrette beaucoup que tu doives te contenter de sardines à l’huile (de palmes académiques?), alors que je me goberge de cuisses de Lithobates catesbeianus. Sans rire, les grenouilles sont comme les canaris des mines d’antan. Lorsqu’elles disparaissent, c’est qu’il y a un méchant coup de grisou qui nous pend au nez. On a eu une belle vie, mais pense à tes petits-enfants ou sinon à ceux des autres.com.
  • DiwanC
    28/08/2019 à 11:56*
    Il y a tant d'eau ici et tant de poissons qu'il semblerait que cette expression vienne de la mer... même si ce n'est pas l'avis de certains voisins du d'ssus !